Les Bruxellois de JOSHUA avait quitté l'actualité musicale en 2009, après deux albums ("Music and chocolates" (2007) et "Animals will save the world" (2008)) écoulés à près de 10 000 exemplaires, et après deux tournées consécutives et près de 120 concerts. Soit 3 années d'intenses activités, entre compositions, enregistrements, répétitions, concerts et promotion.
En 2007 "Music and chocolates" a révélé leur street pop, mélange unique de rock, d'électro, de hip hop, de pop et de soul sur des beats imparables. Sur la pochette, un duo : Greg Avau (créateur du groupe, bidouilleur, producteur, compositeur...) et Senso (auteur, Mc et chanteur). Dans l'ombre, Steph, ingé son, compositeur, musicien et producteur. Sur scène, un collectif à géométrie variable selon les circonstances. Maîtrise musicale mais aussi visuelle avec un premier clip d'animation pour le single "You know how", brillamment réalisé à la maison par Greg, aussi à l'aise dans l'image que dans le son.
Un an plus tard, après des dizaines de concerts, place à "Animals will save the world", deuxième opus au titre écolo précédé du single éponyme devenu un hymne pop irrésistible, tube en radio comme en festival. Et également un clip remarquable qui pastiche les jeux télés, vu plusieurs centaines de milliers de fois sur youtube.
Sur la pochette comme sur scène JOSHUA n'est plus deux mais quatre : Steph sort de l'ombre et tient les guitares sur scène tandis que Pierrick, le batteur des concerts, intègre le groupe. L'évolution musicale est palpable : leur street pop est plus mélodique et plus policée mais toujours aussi métissée, l'album plus rassembleur. Les concerts, moins électros et plus rock, continuent à s'enchaîner, au Sud comme au Nord du pays, avec des prestations remarquées dans la plupart des grands festivals et une AB sold out.
Puis début 2010, après le départ de Pierrick, ils se réduisent à un trio – l'ADN du JOSHUA 2012 - et décident de s'accorder un break mérité.
Le trio, plus homogène et complémentaire que jamais, planche déjà sur un prochain album.
The Outsiders
"100 fois sur le métier remettez votre ouvrage". Une expression qui les a sans doute guidés tout au long de l'élaboration de l'album. Peut-être aussi qu'il leur fallait l'adrénaline de l'urgence. Quoi qu'il en soit, le chantier aura duré près de deux ans avant que les chansons ne trouvent leur forme définitive, avant qu'Outsiders ne soit fin prêt. Mais ça valait la peine.
Si leur participation au divertissement populaire The Voice aurait pu laisser penser à une évolution musicale capitalisant facilement sur cette nouvelle popularité "grand public", il n'en n'est rien : JOSHUA à opté pour un album plus radical, toujours aussi éclectique mais résolument plus street que pop.
Recentré sur lui-même, le trio ré-affirme avec "The Outsiders" sa forte personnalité et réussit tout au long des 13 titres mieux encore que sur ses deux précédents albums ce mélange unique et si singulier qui est le sien.
Dans "Lived & died by the chrome", le groupe s'est inspiré (textes et musiques) des ambiances des westerns des années 70. Des arrangements de cuivres (orchestrés par Paul Crabbé) et une rythmique tout droit sortie de la Motown associés à des guitares atmosphériques donnent à ce titre une couleur toute particulière que le groupe n'avait pas encore explorée.
"This old song" est le mélange street pop parfait que le groupe affectionne depuis le début. Un couplet presque hip hop et un refrain pop, puis un bridge athmosphérique rejoint par la Talk Box de Dj Snoop, qui vient horner les refrains avec un timbre inspiré du grand Stevie Wonder.
Un piano presque caduque pour le moins étonnant constitue la base de "Tuba beast", aussi léger qu'irrésistible, dont on appréciera aussi les choeurs très "pom pom girls" de la fin. Oui, JOSHUA a aussi de l'humour !
Avec "Nerd needs mission", retour à un rock binaire et ultra efficace qui n'est pas sans rappeler un certain «Punk Rock Song» des débuts.
On citera aussi "Crush", la plage la plus électro de l'album construite sur une rythmique tribale, hypnotique en diable, à écouter de préférence toutes basses devant ; le très punky "Who's the rocker" éructé comme sur scène par Greg ; ou encore la reprise de "African 's Herb Man" de Bob Marley.
JOSHUA est bel et bien de retour en pleine forme et s'apprête à attaquer les grands festivals d'été, avant l'AB le 13 octobre prochain.